Pour un petit résumé :
Wiz, jeune juif du ghetto new-yorkais de Coney Island, deale en attendant de percer dans le hip-hop. Hakim vit dans les banlieues parisiennes, et rêve de devenir producteur de musique hip-hop. Un océan les sépare, la musique les réunit. Via le net, Hakim produit un des titres de Wiz sur une compilation. Le buzz fonctionne dans les milieux underground, la compil s'arrache chez les connaisseurs, et très vite les deux lascars projettent la venue d' Hakim à New York, pour la production de l'album de Wiz.
Hip-hop, quartiers chauds, trafic de drogue et galères sont des mots qui résumeraient bien ce roman. En effet, le quotidien des héros est loin d'être rose. Wiz deale des drogues dures, porte une arme et se méfie de la police. L'auteur ne cherche pas à juger ou excuser ses personnages, il ne dresse pas un portrait aseptisé ou au contraire tout noir des banlieues et de leur quotidien, à NY comme à Paris.
Pourtant, le roman est empreint d'une réelle poésie, qui vient d'une part des textes de hip-hop semés dans le récit, et d'autre part des descriptions de lieux. Karim Madani joue les Paul Auster des ghettos, et avec un talent incroyable, nous entraîne au milieu des sirènes, des carckhouse, des halls d'immeubles new-yorkais. Ce mélange de réalisme très dur et de poésie urbaine est très réussi, et fait la force de ce roman.
L'écriture est celle d'un féru de hip-hop, et ça se sent. La verve est tranchante, le vocabulaire précis et calibré.
Ce premier roman est réussi parce qu'il est crédible. On en ressort bouleversé, avec l'impression d'avoir vécu les dernières semaines à New York, et d'avoir écouté du hip-hop toute sa vie.
Karim Madani a écrit en 2005 un roman/reportage sur les ghettos américains : Fragments de cauchemar américain (Inventaire/Invention éditions).
N'hésitez pas à l'acheter ou à l'emprunter et à poster ici votre avis sur ce livre.